


Le Cercle des Fours à Bois (Makigama no Kai) a assuré le rôle d'hôte lors de la « Cérémonie du thé de Meirin », événement organisé par le Kyoto Art Center.
URL de l'événement : https://www.kac.or.jp/events/20260310/
【Cérémonie du thé】 Date : samedi 23 mai 2026 Lieu : Kyoto Art Center, 4e étage, salle japonaise « Meirin »【Exposition de documents】 Du samedi 23 au samedi 30 mai Salle de réunion n°2Fermeture exceptionnelle les mardi 26 et mercredi 27 mai.
Les « Rencontres de thé de Meirin » (Meirin Chakai) sont l'un des programmes caractéristiques du Kyoto Art Center. Chaque édition invite un maître de cérémonie issu d'horizons variés, qui compose une mise en scène originale — choix du thé, des douceurs, de la forme même de la cérémonie — pour créer, en collaboration avec le Centre, un moment unique et transdisciplinaire.
Cette édition a accueilli le Makigama no Kai (« Cercle des fours à bois »), un collectif d'artistes, de céramistes et de chercheurs réunis autour d'un même désir : renouer avec le monde à travers la céramique.
URL:https://www.kac.or.jp/events/20260310/
▲Statement par Makigama-No-Kai
Comment la culture peut-elle, au quotidien, nous aider à dépasser nos idées reçues et à mieux connaître le monde ? Le Makigama no Kai est un collectif d'artistes, de céramistes et de chercheurs qui cherche à renouer avec le monde par la céramique. Pour cette rencontre, nous nous sommes appuyés sur la « triangulation culturelle » de l'anthropologue KAWADA Junzo, en réunissant des céramiques cuites au feu de bois en trois points du globe : le Japon, la France et le Bénin.
Le mot-clé était le tsuchi-aji, « le goût de la terre ».
Au Japon, ce terme désigne la texture que la terre révèle au contact des flammes et des cendres d'un four à bois, une qualité chérie depuis longtemps. Cette esthétique, héritée de l'artisanat comme de l'art contemporain, a parfois été associée à un idéal proche de l'éthos du samouraï, voire à une « pure japonité ». Pourtant, née d'échanges transnationaux, elle recèle une ampleur qui continue de se déployer aujourd'hui.
C'est une remise en question de notre vision de la civilisation, qui commence par le simple geste de prendre un bol en main. Les pièces ont volontairement été présentées sans indication de provenance. « Étonnamment, une fois le bol en main, on n'arrive pas vraiment à deviner d'où il vient » : cette surprise devait ouvrir une brèche dans nos stéréotypes.
Les céramiques françaises provenaient d'un centre potier historique du centre de la France. Là-bas, le « goût de la terre » a longtemps occupé une place secondaire face à la porcelaine, mais cette région porte une culture du four à bois à la généalogie méconnue, croisée avec la céramique japonaise. Les céramiques béninoises, souvent perçues à travers un prisme exotisant, voire primitivisant, associant l'Afrique à un « passé lointain », sont issues d'un savoir-faire remarquable porté par des femmes, et s'inscrivent dans une contemporanéité en résonance avec l'art actuel.